Cyril Massimelli - Interstices: Interstices
L’œuvre de Cyril Massimelli se situe à la croisée de l’observation ethnographique et de la reconstruction poétique. Ses tableaux, qu’ils représentent des intérieurs ou des scènes en plein air, explorent les zones grises de la sociabilité contemporaine : ces moments où la promesse de la rencontre se heurte à l’indifférence des apparences.
Des espaces comme décors :
Massimelli appose un regard clinique sur les lieux de la vie collective, salons, terrasses, bords de fleuve, qu’il transforme en scènes théâtrales. Ses compositions, d’une précision presque photographique, révèlent l’écart entre la mise en scène des individus et leur solitude fondamentale. La lumière, les poses et les objets y deviennent les marqueurs d’une ritualité sociale, à la fois familière et étrangement distanciée.
Des temps entremêlés :
Son travail se nourrit d’un dialogue constant entre présent et passé. Les références à la peinture classique (Véronèse, Ingres) ou moderne (Edward Hopper) ne sont pas des hommages, mais des outils pour décrypter la persistance des archétypes dans nos gestes quotidiens. Cette hybridation des temporalités confère à ses œuvres une dimension intemporelle, où le banal côtoie le mythologique.
Une peinture sans moralisme :
Sans jamais tomber dans la satire ou la nostalgie, Massimelli expose les contradictions d’une époque : l’hédonisme et l’ennui, l’individualisme et le désir de communauté, la surface lisse des choses et les failles qui l’ébranlent. Ses toiles, dépourvues de pathos, invitent le spectateur à devenir lui-même observateur, non pas d’un monde figé, mais d’un équilibre précaire, toujours sur le point de basculer.
Le réel en suspens :
Ce qui frappe dans son travail, c’est moins la critique que la suspension du jugement. Chaque tableau fonctionne comme une hypothèse : et si nos rituels, nos poses, nos silences disaient autre chose que ce qu’ils montrent ? En évitant l’anecdote comme l’allégorie, Massimelli propose une peinture qui interroge sans conclure, où le réel se donne à voir comme une fiction en train de s’écrire.
Cyril Massimelli, né à Paris en 1971, diplômé de l’École Nationale Supérieure des Arts Décoratifs de Paris en 1997 et ayant reçu le prix Frédéric de Carfort la même année, a vécu et travaillé à Dresde de 2001 à 2022 avant de s’installer à Liège en Belgique.
Son parcours artistique s’est construit à travers des expositions en Europe, tant personnelles que collectives, dont plusieurs à Leipzig, notamment : Blow-Up (2025, duo avec Feng-Lu), Red Blue Yellow (2021, duo avec Wen Yipei) et Whispers (2018) présentées à la Galerie The Grass Is Greener,. Son travail a également été montré à Monaco (AIAP, 2016), à Paris à la Galerie Nicolas Plescoff, (2006), et dans le cadre d’événements comme l’Ostrale Biennale de Dresde, (2008 et 2009). En 2024 il obtient une résidence au RAVI de Liège, pendant laquelle il peint la toile "Nausicaa" inspirée par la ville.
Ses œuvres ont été exposées dans des institutions allemandes comme la Kunsthalle der Sparkasse Leipzig, la Kunstverein Freunde Aktueller Kunst à Zwickau et la Städtische Galerie de Dresde pour une exposition en solo, Time Filter (2017).
