Yaacov Agam b. 1928
Figure majeure de l’art cinétique et pionnier de l’art
optique, Yaacov Agam (né en 1928 en Israël) développe dès les années 1950 une
œuvre profondément novatrice, fondée sur le mouvement, la transformation
visuelle et l'interaction avec le spectateur. Refusant la fixité de l’image
traditionnelle, Agam crée des œuvres évolutives où chaque point de vue révèle
une nouvelle configuration formelle et chromatique.
Son apport à l’art optique est déterminant. Il introduit une dimension temporelle et
participative dans la perception de l’œuvre, plaçant le spectateur au cœur de
l’expérience esthétique. Ses compositions cinétiques, souvent réalisées à
l’aide de dispositifs lenticulaires ou de structures modulables, s’inscrivent
dans une recherche visuelle rigoureuse, où les effets d’illusion, de vibration
et de variation sont savamment orchestrés.
Aux côtés de Victor Vasarely, Jesús-Rafael Soto et Carlos Cruz-Diez,
Agam est considéré comme l’un des grands acteurs de l’art optico-cinétique du
XXe siècle. Sa démarche unique, nourrie par l’abstraction géométrique, a
contribué à redéfinir les notions d’espace, de temps et de perception dans
l’art.
Dans les années 1980, à l’image de notre œuvre - Blue
line form reflecting and golden space -, Yaacov Agam développe une série
emblématique de reliefs en métal peint, qui synthétise avec force les principes
fondamentaux de sa démarche artistique. Ces œuvres tridimensionnelles,
réalisées à partir de panneaux métalliques peints et agencés en structures
géométriques complexes, incarnent parfaitement l’esthétique « optico-cinétique »
propre à l’artiste.
Conçus pour être perçus en mouvement, ces reliefs modifient
leur apparence en fonction du déplacement du spectateur. La surface peinte se
fragmente en une multitude de plans colorés et angulaires, créant des effets
vibratoires, des transitions chromatiques et des illusions de profondeur.
Chaque œuvre se présente comme un champ de variations visuelles, où la
stabilité est continuellement remise en question par l’activation du regard.
« Je finis par peindre jusqu’à huit tableaux distincts
dans une même œuvre : on les voit intégrés les uns dans les autres si on se
place directement devant le tableau, et on les voit se séparer et se recomposer
tour à tour quand on se déplace vers la droite ou vers la gauche. » Y.Agam
Le choix du métal, matériau industriel et rigide, contraste
avec la fluidité perceptuelle de l’image. Il confère à ces pièces une dimension
architecturale et une présence physique marquée, tout en servant de support à
une palette vive et lumineuse, caractéristique du langage visuel d’Agam. Ces
reliefs témoignent de la volonté de l’artiste d’unir forme, couleur, espace et
temps dans une expérience immersive
« (Mes) oeuvres … reflètent les efforts que j’ai
accomplis pour dépasser les limites de l’expression qui donnaient jusqu’à
présent à l’événement pictural un caractère inéluctablement figé. Je me suis
efforcé en effet, de créer une peinture existant non seulement dans l’espace,
mais aussi dans le temps où elle se développe et évolue, produisant ainsi une
infinité prévisible de situation plastique découlant les unes des autres et
dont les apparitions et disparitions successives ménagent des révélations
toujours renouvelées. L’introduction de la dimension du temps, de la durée et
de la continuité dans l’événement pictural nous permet de pénétrer plus
profondément l’essence d’une œuvre … » Yaacov Agam
Provenance
Atelier de l'artisteCollection privée, Japon
Est-Ouest Auctions Co., Ltd.], Spring sale Hong Kong may 2011
Collection privée, France